Mission de coopération de défense (MCD)

Pour joindre la Mission de coopération de défense :

Capitaine Fabrice Bastianon - Tél 621 00 00 10 - poste 1067

Secrétariat : Mme Gabrielle Sérieux - Tél 621 00 00 10 - poste 1068

PRESENTATION GENERALE

Aujourd’hui, comme le montre l’actualité guinéenne, un nouvel élan semble se dessiner dans le pays. En dépit des nombreuses difficultés qui subsistent, le gouvernement s’efforce de mener à bien progressivement sa politique de réformes. Il bénéficie de l’appui de la France et des autres bailleurs de fonds, ce qui suscite l’espoir avec en perspective des actions de développement d’envergure.

Dans ce contexte de redémarrage, les forces armées guinéennes sont confrontées au double défi suivant :

- faire l’effort sur des capacités vitales pour répondre aux exigences immédiates de la sécurité dans le pays et à ses frontières (intendance, transmissions, gendarmerie, etc...)
- investir résolument sur l’avenir pour ouvrir des écoles qui font défaut et traiter énergiquement de graves questions liées à la santé dans les armées.

La Mission de Coopération militaire de Conakry, avec son dispositif restreint de neuf coopérants, s’efforce d’aider les forces armées guinéennes à relever ces défis.
Elle s’implique dans plusieurs projets d’appui aux écoles, à l’intendance, aux transmissions, à la gendarmerie et à la santé dans les armées.

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L’attaché de défense avec les membres de la coopération militaire et les militaires de la coopération de sécurité

Dans toutes ces actions, la formation est résolument la première priorité. La formation des jeunes, notamment les jeunes cadres, est comparable aux « graines plantées en terre » qui renforceront encore demain les capacités des forces armées.
C’est ainsi qu’en 2005, un effort très important a été consenti avec plus du doublement par rapport à 2004, des missions de courte durée d’experts venus appuyer la mise en place de capacités à former (formation des formateurs). Cet effort est poursuivi en 2006.

Cette coopération, avec ses objectifs, a été établie sur la base d’un partenariat étroit et confiant avec la partie guinéenne pour une période de trois années par souci de cohérence et de continuité.
Des perspectives prometteuses laissent espérer une action plus affirmée, notamment en accompagnement de la mise en place de nouvelles écoles dont la pertinence semble avérée pour les forces armées.

Ainsi, trois demandes guinéennes d’ouverture d’école sur le site militaire de Manéah sont prises en compte par la France :

-  l’école nationale des sous-officiers de Manéah a été créée en fin d’année 2005 ;
-  l’école nationale des transmissions sera créée au deuxième semestre 2006, évolution du projet transmissions du domaine appui technique vers le domaine formation. Pour cette future école, un statut d’école nationale à vocation régionale (ENVR) a été officiellement sollicité par la partie guinéenne ;
-  la création d’une école militaire d’administration est au deuxième semestre 2007).

CARACTERISTIQUES DE LA COOPERATION

Particulière et attachante à la fois, elle est surtout différente de celle des autres pays, car la Guinée est un pays tout à fait spécifique.

Ces caractéristiques sont résumées par :

1 - Un réel capital de sympathie

On peut dire que la France et la Guinée sont de vieux amis. La langue française nous rapproche et nos modes de pensée et de travail ne sont jamais vraiment éloignés. Il y a eu le temps de la brouille. Nous sommes sur le chemin d’un partenariat fructueux. Il en résulte un climat très favorable au développement d’une coopération complice et fraternelle. De surcroît, il y a le langage des militaires qui nous rapproche au-delà des frontières.

2 - Un rythme guinéen à respecter

Un long chemin reste à parcourir, mais il est essentiel de respecter les contraintes et la spécificité des armées guinéennes. Respecter le temps pour avancer sur une route vers des objectifs communs, c’est avant tout respecter le partenaire, respecter ses difficultés et les réalités de l’environnement. La coopération doit donc, avec modestie, s’efforcer d’écouter, de comprendre et de s’adapter.

3 - Une coopération tournée vers l’avenir

La priorité est de préparer l’avenir. C’est dans cet esprit qu’ont été définis les objectifs majeurs communs de cette coopération : la création d’écoles pour la formation des cadres et une forte implication au niveau de la santé au sein des forces armées.

4 - Une soif de formation

Le besoin de formation est grand et la volonté des Guinéens pour se former est immense. Le déficit initial de formation place souvent au départ les stagiaires guinéens dans une situation moins favorable mais très vite ils peuvent se ranger parmi les élèves les plus motivés.
Il est encourageant de constater combien, à leur retour, les stagiaires nouvellement formés sont utilisés dans leurs nouvelles compétences et à leur niveau de responsabilité.

5 - Un partenariat de qualité

Il existe tout d’abord en Guinée une forte tradition de l’accueil et de l’hospitalité qui s’applique à tout visiteur. Ce contexte chaleureux favorise la bonne intégration et adaptation de nos coopérants militaires.
Il doit être souligné ensuite une capacité particulière des Guinéens à s’investir dans le partenariat. Un dicton populaire guinéen bien connu en atteste et illustre tout à fait cette attitude responsable : « quand on te lave le dos, tu te laves le ventre »...

6 - Une réelle rentabilité des efforts consentis

Tous les efforts consentis en partenariat ont produit des résultats au-delà des espérances. L’école nationale des officiers qui est aujourd’hui une vitrine a formé près de 250 jeunes officiers. L’intendance continue sa marche vers la modernité. La couverture radio du pays reste fonctionnelle depuis plus d’une décennie. Les escadrons de gendarmerie mobile sont d’excellent niveau.

LES PROJETS

1 - Appui aux capacités de l’intendance

Nous sommes conscients du rôle stratégique tenu par ce grand service au sein des forces armées guinéennes. La qualité et l’efficacité d’un tel service interarmées sont vitales pour le bon fonctionnement des armées guinéennes qui garantissent la sécurité, la stabilité du pays au sein d’une sous région instable.

L’intendance répond déjà, aujourd’hui, à des exigences d’excellence dans les domaines aussi sensibles que ceux du budget des forces armées, de la rémunération, des carburants et de la distribution des denrées.
Ces capacités toutefois doivent être encore renforcées. Aux côtés d’une équipe dirigeante particulièrement dynamique, nous nous efforçons donc d’apporter un appui en accompagnant ce grand service dans sa marche vers les techniques modernes de gestion. Nous voulons appuyer aussi le développement de l’intendance à l’intérieur du pays.
Parallèlement, il est important d’élever le niveau des personnels d’exécution en aidant prioritairement à la formation des formateurs.
Un effort très important a été accordé à la formation au cours de l’année 2005 avec la mise sur pied de modules de formation administrative et comptable du premier et du deuxième niveau (sous-officiers subalternes et supérieurs). En 2006, un module de formation pour les officiers sera mis sur pied pour former les gestionnaires administratifs et financiers des régiments et grandes unités.
Ces formations se concrétiseront en 2007 par la création sur le site de Manéah (en lisière de Conakry) d’une école militaire d’administration.

2 - Les écoles et la formation des cadres

Les actions menées en faveur des écoles relèvent du domaine prioritaire de la coopération franco-guinéenne, en particulier parce qu’elles préparent l’avenir pour les forces armées guinéennes.
Nous avons été mobilisés en 2005 et nous poursuivrons en 2006 pour accompagner les objectifs communs de la formation des cadres pour les forces armées :

- Soutien à la formation initiale des officiers
La réussite de l’école de formation initiale des officiers (EMIA) est exemplaire. Elle est emblématique de l’effort consenti par la France dans le domaine prioritaire de la formation. Depuis son ouverture en 1994, près de 250 officiers ont été formés et renforcent aujourd’hui par leurs compétences et leurs professionnalisme l’efficacité et la crédibilité des forces armées.

- Soutien à la mise sur pied d’un cursus complet de formation des officiers :
-  Un cours d’application des lieutenants est en cours de mise sur pied (décembre 2005 à août 2006) ;
-  Un cours de formation des commandants d’unité a été mis sur pied en 2005 ;
-  Un cours de formation des officiers supérieurs sera mis sur pied au deuxième semestre 2006.

- Soutien à l’école nationale de sous-officiers créée le 1er novembre 2005 sur le site de l’ancienne Académie militaire de Manéah. Une première promotion est en cours de formation. Nous veillons à la qualité et au niveau de la formation dispensée avec l’aide d’un officier expert en renfort temporaire jusqu’à l’été 2006. Cette action sera pérennisée grâce à une création de poste d’officier à partir de l’été 2006.

- Soutien à la création d’une école des transmissions avec une ouverture prévue en 2006. L’école pourrait à terme devenir une école à vocation régionale.
(voir « Projet Transmissions »).

- Mise en place de l’enseignement du français en milieu militaire.
Dans le cadre d’une politique définie sur trois années, mise en place depuis janvier 2005 de l’enseignement du français dans toutes les formations franco-guinéennes dispensées. La MCMD met en œuvre des professeurs de l’association générale des intervenants retraités (AGIR) et des étudiants de maîtrise de français langue étrangère (FLE). Deux sont actuellement présents à son profit.

Aide à la mise sur pied d’un prytanée militaire à partir de 2007.

La mise sur pied d’un prytanée militaire correspond à une réelle attente des autorités militaires guinéennes. Nous espérons pouvoir nous impliquer dans ce beau projet aussitôt que le chantier des écoles de Manéah le permettra, vraisemblablement à partir de 2007.

3 - Formation dans la gendarmerie

Nous sommes conscients du rôle essentiel de la gendarmerie pour le maintien de la sécurité et de la stabilité du pays.

Nous sommes impliqués dans le domaine de la formation des cadres avec un coopérant, officier supérieur de gendarmerie, conseiller auprès du chef d’état-major de la gendarmerie et du directeur de l’école nationale de gendarmerie de Sonfonia.
Le principal objectif est de « faire vivre » l’école nationale de gendarmerie établie sur un site correctement équipé grâce aux efforts réalisés depuis plusieurs années dans le cadre du projet. Les formations dispensées visent le renforcement de la capacité opérationnelle des unités avec le souci général du respect des règles d’éthique et de déontologie.

Pour l’année 2006, plusieurs formations importantes sont planifiées :
-  Un cours d’application des officiers subalternes au premier semestre 2006 ;
-  La mise sur pied d’un stage d’officiers de police judiciaire pour 60 personnels ;
-  Le recyclage des trois escadrons de gendarmerie mobile de Conakry, créés en 1992 avec l’aide de la France.

Enfin, nous apprécions l’efficacité des jeunes brigades anti-criminalité (BAC) issues des efforts conjugués de la police et de la gendarmerie. Les succès enregistrés sur le plan de la sécurité doivent nous encourager à aller de l’avant.

4 - Appui aux capacités santé

Nous sommes très engagés dans le domaine de la santé dans les armées, conscients de l’immense défi à relever. Nous apprécions la volonté d’aboutir de l’équipe très dynamique des médecins de la Direction générale du service de santé des forces armées guinéennes.

La santé des hommes d’une unité est le préalable à sa capacité opérationnelle.

Nous nous efforçons d’aider à porter un coup d’arrêt au développement du SIDA dans les armées en conjuguant les efforts des coopérations, française militaire et civile, américaine et du ministère de la santé guinéenne.
Il s’agit d’agir simultanément sur les volets prévention, dépistage et traitement :
-  le volet prévention est sous la responsabilité américaine ;
-  le volet dépistage est sous la responsabilité française civile et militaire. Il s’agit du développement d’un ambitieux réseau de laboratoires dans les principales formations sanitaires militaires du pays (un laboratoire de niveau 1 au camp Samory Touré, des laboratoires de niveau 2 dans les casernes de la capitale et dans les capitales régionales correspondant aux régions militaires, des laboratoires de niveau 3 dans toutes les unités) ;
-  le volet traitement est pris en charge dans le cadre national de la politique globale de la santé publique (patients éligibles aux critères de la BM).

Nous apportons du conseil en organisation afin de poursuite la mise sur pied de la Direction Générale du service de santé des armées (jeune direction créée à la fin de l’an 2000) et d’une chaîne santé militaire en temps de paix comme en opérations. Il s’agit de la restructuration de la DGSSA, de l’élaboration de textes réglementaires, d’aider à la gestion, surveillance épidémiologique, suivi des personnels santé, etc.

Nous réalisons des efforts importants dans le domaine de la formation aux différents niveaux allant de l’entretien des connaissances des médecins et des infirmiers, aux personnels d’exécution jusqu’aux nombreux secouristes qui enrichissent progressivement toutes les différentes formations.

Nous apportons enfin un appui important à la médecine de soins avec la mise en place progressive de capacités spécifiques et la réhabilitation de locaux techniques (infirmeries, blocs opératoires, service des urgences).

5 - Appui aux capacités des transmissions

Dans le domaine de la radio, l’effort consenti ces dernières années pour aider à la mise en place d’une couverture transmissions sur le territoire national a porté ses fruits au-delà des espérances puisque actuellement l’essentiel du trafic des trois armées et de la gendarmerie transite par les réseaux militaires.
Dans le domaine de la téléphonie, un effort particulier a été consenti en 2005 et va se poursuivre en 2006 afin d’arriver à la mise en place d’une capacité de téléphonie militaire reliant les états-majors dans la ville de Conakry et ultérieurement les quatre régions militaires.
Enfin, sous l’impulsion d’une équipe dirigeante particulièrement dynamique des transmissions, nous prévoyons d’accompagner l’évolution d’un projet au caractère exclusivement technique vers un projet d’école nationale des transmissions avec ouverture en 2006, l’ambition, à terme, étant de devenir une école à vocation régionale (ENVR). Un officier des transmissions, conseiller du directeur de la future école, arrivera sur un nouveau poste de coopérant ouvert à l’été 2006.

Dernière modification : 05/01/2016

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