Pose de la première pierre de l’Institut Pasteur de Guinée et du Centre de recherche clinique et de formation sur les maladies infectieuses de Guinée (CERFIG)

A l’occasion de la visite de M. Jean-Marc AYRAULT, Ministre des Affaires Etrangères et du Développement International, à Conakry les 11 et 12 novembre 2016, une cérémonie de pose des premières pierres de l’Institut Pasteur de Guinée et du Centre de Recherche clinique et de Formation de Guinée a eu lieu en présence du Professeur Alpha Condé, Président de la République de Guinée.

La décision de créer un Institut Pasteur en Guinée découle d’un engagement pris par le Président de la République Française, M. François Hollande, à l’occasion de sa visite en Guinée en novembre 2014 durant l’épidémie d’Ebola qui a gravement affectée la Guinée, et à laquelle la France a immédiatement apporté son soutien pour l’aider à venir à bout de ce fléau. L’Institut a pour objectif de répondre aux urgences épidémiques, de participer à la surveillance et à la recherche sur les maladies infectieuses ainsi que la formation et l’accompagner des scientifiques guinéens dans la prévention des épidémies. Il fait partie, à ce titre de l’appui de la France à la relance post Ebola.

Mais plutôt que de parler de création, il s’agit en fait d’une renaissance. En effet un précédent Institut Pasteur existait déjà en Guinée, à Kindia. Il a fermé il y a plus de 55 ans.
Le nouvel Institut Pasteur de Guinée, dirigé par le professeur Noël Tordo, spécialiste des fièvres hémorragiques virales à l’Institut Pasteur de Paris, est le 33ème institut membre du Réseau International des Instituts Pasteur qui est implanté dans 25 pays sur les 5 continents. Ce réseau s’articule autour de l’Institut Pasteur de Paris et constitue un consortium international de recherche et d’enseignement au cœur des progrès futurs de la science, de la médecine et de la santé publique. Les instituts membres du réseau accomplissent quatre grandes missions d’intérêt général :
-  la recherche,
-  l’enseignement,
-  la santé publique
-  la valorisation de la recherche scientifique.

La construction du bâtiment de l’Institut Pasteur de Guinée prendra 2 ans. Il sera livré en 2018. Elle bénéficie d’un financement de l’Agence Française pour le Développement (AFD) que je tiens à remercier chaleureusement. Mais l’Institut n’attendra pas la livraison définitive du bâtiment pour démarrer ses activités. En effet, sur un financement complémentaire du MAEDI, par l’intermédiaire d’Expertise France sur le projet LABNET, des travaux de rénovation des locaux du bâtiment d’odonto-stomatologie de l’université Abdel Gamal Nasser seront réalisés pour y établir un laboratoire intermédiaire qui permettra dès 2017 d’organiser des formations théoriques et techniques pour les étudiants et les scientifiques Guinéens et aussi d’engager les axes de recherche de l’Institut Pasteur de Guinée. Durant cette période, l’équipe de l’Institut y sera hébergée. Par la suite, ce laboratoire intermédiaire sera remis à l’UGAN qui sera en mesure d’y poursuivre les programmes de formation dans lesquels l’Institut Pasteur de Guinée souhaite s’impliquer activement.

Pour mémoire, les activités de l’Institut Pasteur de Guinée seront centrées sur les maladies à potentiel épidémique, notamment les fièvres hémorragiques virales et les arboviroses, qui ont fait l’objet de plusieurs épidémies majeures en Guinée (fièvre Ebola, fièvre de lassa, fièvre jaune, fièvre de la vallée du rift, etc.). Les unités de recherche disposeront de plateformes de diagnostic de premier plan et une structure sécurisée pour la collecte d’échantillons est prévue. Bien entendu l’Institut continuera d’assurer la formation d’étudiants, de techniciens et de responsables de laboratoires à des diagnostics experts et aux bonnes pratiques de laboratoires. Par ailleurs, des programmes de recherche permettront de renforcer la surveillance épidémiologique en lien avec les laboratoires de la sous-région, notamment ceux des Instituts Pasteurs de Dakar et d’Abidjan tout en gardant un fort potentiel de connexion à l’international.

Comme elle l’avait annoncée à New York en juillet 2015, le soutien de la France à la relance post Ebola est aujourd’hui effectif. Une partie du premier contrat de désendettement et de développement ainsi que le second contrat signé en juin dernier y sont consacrés ; S’y ajoutent plusieurs projets de renforcement du système de santé et de riposte aux épidémies conduits par expertise France (projets PREPARE, TWINH2H), de renforcement du système et du réseau de laboratoires (LABNET, projet « laboratoires » de l’AFD), ainsi que la création de l’Institut Pasteur de Guinée et la conduite de nombreux projets de recherche par l’INSERM et l’IRD. Au total, l’appui de la France à la relance poste Ebola représente près de 150 millions d’euros.

Parmi les projets de recherche figure le projet de baptisé « PostEboGui » qui vise à prendre en charge les conséquences cliniques et psychologiques des guéris d’Ebola. 74 % d’entre eux sont désormais suivis. Ils auront d’ici quelques mois un centre d’accueil qui se consacrera également à la recherche sur l’ensemble des maladies infectieuses. A ce titre, le MAEDI a versé à l’Institut Bouisson Bertrand de l’université de Montpellier, en partenariat avec l’Institut de recherche pour le développement et de l’INSERM, la subvention nécessaire à la construction du Centre de recherche clinique et de formation sur les maladies infectieuses, le CERFIG, situé sur une autre parcelle de l’université Abdel Gamal Nasser de Conakry.

Né dans le contexte Ebola, le CERFIG entend capitaliser les activités du projet PostEboGui et au-delà de celui-ci pérenniser la formation à la recherche biomédicale des chercheurs, des étudiants et des personnels de santé, d’accueillir des chercheurs dans le cadre d’études cliniques menées par le CERFIG, de participer à la conception et à la mise en œuvre de projets de recherche clinique dans le domaine des maladies infectieuses, particulièrement celles qui sont endémiques à l’Afrique subsaharienne.

L’implantation du CERFIG et de l’Institut Pasteur au sein de l’université Abdel Gamal Nasser de Conakry, ainsi que du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et du recteur sont une garantie de cet ancrage institutionnel et la certitude de la pérennité et de l’appui académique nécessaire pour les formations à venir.

Dernière modification : 25/11/2016

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